« Trente ans après sa mort, à ma grande surprise, le nom de Françoise Dolto (1908-1988) n’évoque pas grand-chose chez ceux qui sont né dans les années 1980. » regrette l’auteur dans sa préface.

Catherine Eliacheff devrait par ce livre contribuer à combler ce déficit. Elle nous accompagne dans un parcours entre la vie familiale et les activités cliniques de Françoise Dolto. Elle esquisse aussi le portrait d’une époque à travers des événements qui secoue le microcosme de la psychanalyse. On y perçoit les échos du remue-ménage créé par la dissolution de l’Ecole Freudienne par Lacan en 1963 afin de fonder avec Melman et Miller, la Cause Freudienne qui deviendra en 1980 l’École de la Cause.

On évoque aussi, ici, le séminaire que Françoise Dolto a tenu à Trousseau de 1940 à 1978 puis la création du centre médico- psychologique Étienne Marcel en 1962 avant l’école de Neuville (1973) et la Maison verte en 1979.

On se souvient de ses chroniques sur France Inter avec Jacques Pradel et son passage à Apostrophe avec Bernard Pivot.

Au fil des pages quelques anecdotes témoigne de la remarquable clinicienne : sa réponse à une femme qui lui téléphone pour lui annoncer son suicide: « Ah bon vous êtes décidée mais alors pourquoi vous m’appelez ? ». Ce qui aura pour effet de l’engager dans une psychanalyse avec une collègue de Dolto.

On appréciera aussi son invention de la poupée fleur (1) témoin de sa créativité en psychothérapie.

Ceux qui ne connaissaient pas Françoise Dolto trouveront dans ce livre une image d’elle, très expressive. Ceux qui la connaissait la reconnaîtront.

(1) Au jeu du désir, Cure psychanalytique à l’aide de la poupée fleur, Seuil, 1981,pp 133-174 ;