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Une répétition que l’on pourrait identifier facilement serait cousue de fil blanc, une sorte de trompe l’œil. Nous ne sommes pas des bêtes. Non, la répétition se présente précisément comme irruption de la différence, toujours autre, différentielle. C’est un rapport qui se répète comme une fraction mathématique, les deux chiffres peuvent changer, seul le rapport qui les unit reste le même Il faut donc réduire la fraction pour faire apparaître l’égalité entre les deux termes.

Le travail de l’analyste est le même que celui du mathématicien, mais c’est plutôt avec l’aide des rêves que se réduira la fraction.

Observez le motif de la fugue de Bach. Ce qui revient est obsédant car cela fait sans cesse apparaître ce qui n’a pas été, ce qui n’a pas eu lieu. C’est bien cela qui se répète : le manque. Et non le plein, l’à-vif, le trop. C’est au contraire ce qui ne s’est pas produit. Ce qui dans le lien a manqué, qui s’est dérobé, revient indéfiniment. Dans le réel. Car il n’a pas de mot pour se dire.

Anne Dufourmantelle,
En cas d’amour – psychopathologie de la vie amoureuse,
Ed. Payot, Paris. p.75.