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Anna G.
Mon analyse avec le professeur Freud,
traduit de l’allemand par Jean Claude
Capèle
Paris,
Aubier, 2010.
Anna
G. entreprend une psychanalyse avec Sigmund Freud à
Vienne entre avril et juillet 1921. Cette jeune femme,
psychiatre au Burghölzli à Zurich, a 27 ans. Alors
qu’elle est fiancée depuis 7 ans, son mariage est
annoncé pour l’automne.
Il
y a 20 ans, 6 ans après sa mort, sa famille découvrit
une lettre de Freud lui indiquant ses conditions pour
une éventuelle analyse. Puis, quelques temps après, on
retrouva son journal.
On
y a accès à une partie des séances et des échanges qui
ont eu lieu. On y est confronté à un étonnant témoignage
sur ce qui pouvait être entendu et ressenti sur le divan
de Freud.
La
petite fille d’Anna G. a réuni dans cet ouvrage, outre
l’édition du journal, divers commentaires qui le mette
en situation : une étude historique de Karl Fallend qui
brosse un tableau du contexte politique, social et
culturel à Vienne en 1921. Puis une contribution de
Thomas Aichhorn : "j’étais dans mon lit, Freud était là
aussi" qui emprunte son titre au récit d’un rêve. Cet
article analyse la position prise par Freud en la
circonstance à propos de la pulsion sexuelle : La
répression de la sexualité et son refoulement sont
nocifs mais il ne s’agit pas pour autant de se laisser
dominer par la pulsion. Il s’agit plutôt de gérer la
pulsion, voire de renoncer à la pulsion. On le voit
conseiller à son analysante de pratiquer l’abstinence
pendant la durée de la cure. Ce thème est aussi abordé
dans la contribution de John Forrester : "la névrose de
transfert mouvementée d’Anna G. sur l’usage et l’abus de
l’abstinence".
Nous
disposons de plusieurs récits d’analyse avec Freud :
ceux d’Ernst Blums, Hilda Doolittle, Hélène Deutsch,
Abram Kardiner, Joseph Wortis. Pierre Passet nous
propose dans son étude : "Freud observé pendant
l’interprétation" de repérer comment le désir de la
construction théorique peut venir en concurrence avec la
simple exploration clinique.
C’est
une problématique assez proche qu’aborde Ernst Falzeder
dans son article "Freud analyste et thérapeute". Juliet
Mitchell se livre pour sa part dans "Anna G. : Fragment
d’un autre cas de petite hystérie" à une intéressante
critique de l’interprétation oedipienne proposée par
Freud. Confrontant ce journal avec d’autres sources,
Ulrike Meys s’interroge sur la façon dont Freud
travaillait effectivement dans son cabinet.
Au
fil de ces commentaires le lecteur aura pu situer le
journal d’Anna G. dans un contexte élargi et
s’interroger sur les diverses questions qu’il suscite
quant à la pratique freudienne.
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